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dimanche 3 janvier 2010

Roumanie, de l'époque d'or à Guess Who

Le cinéma roumain produit de bons films, de très bons films même, et ça commence à se savoir depuis la Palme d'or obtenue par Cristian Mungiu en 2007 avec "4 mois, 3 semaines et 2 jours". Ce week-end, je vais aller voir les forcément drôles "Chroniques de l'Age d'Or" (Amintiri din Epoca de Aur), produites par le même cinéaste, témoignages en quatre petits films des années 80, la période la plus clowesque et la plus triste à la fois de la dictature communiste.

Les extraits ou trailers du films sont nombreux sur Youtube, parfois sous-titrés en anglais, parfois uniquement en roumain (pas très grave), le plus souvent très savoureux.

Cet hiver, un jeune Bucarestois de 25 ans a ressorti la cravate de pionnier, qu'il n'avait pas du utiliser bien longtemps, et a réalisé le carton de la saison avec un titre de soft hip hop plutôt bien senti, appelé "Locul potrivit" (la bonne place). Il s'appelle Laurentiu Mocanu, plus connu sous le nom de Guess Who.



Laurentiu Mocanu raconte dans son clip de manière très visuelle les interrogations d'une génération de jeunes Roumains, qui se demande si elle est née à la bonne place. Forcée il y a vingt ans de nouer le foulard rouge autour du cou, aujourd'hui contrainte à ramasser des fraises dans des serres espagnoles ou de porter des briques sur des chantiers français ou italiens.

Pas le courage de traduire les paroles, mais pour ceux qui auraient des envies de hip hop exotique, je conseille plutôt Parazitii. Des rimes latines, des violons qui chialent, le Pantelimon style, l'alter ego oriental du Seine Saint-Denis style !

vendredi 18 décembre 2009

Timisoara, les vivants et les morts, le Monde.fr



Ceux qui me connaissent savent que la Roumanie est un endroit très particulier pour moi. En ce début d'hiver, de retour d'un séjour outre-Atlantique, j'ai mis les voiles vers les boulevards de Bucarest. Il y a cinq ans et quelques mois, j'avais déjà passé quelques jours à Timisoara, pour parler d'économie, d'agriculture, de micro-technologies, de boom économique. Et dans cette ville au passé douloureux, nulle trace palpable de la mémoire des événements de 1989.

Alors le mercredi 15 décembre, à 21h05, Gara de Nord de Bucarest, j'ai pris le train Rapid 360, direction Timisoara. Via Videle, Caracal, Craiova, Filiasi, Drobeta Turnu Severin, Orsova, Baile Herculane, Caransebes et Lugoj. Arrivée Timisoara Nord à 5h23 après avoir discuté avec des ouvriers du bâtiments de Filiasi de l'impact respectif de la crise économique sur les commandes et les chantiers de Roumanie et de France (qu'ils connaissent forcément).

Le 16 décembre 2009 était jour de deuil à Timisoara, car 20 ans auparavant, des milliers de manifestants, souvent jeunes, sont descendus dans la rue, et pour la première fois, ils n'ont pas bougé devant les fusils. Timisoara est peut-être le début d'une révolution préparée, manipulée ou bien télécommandée, mais personne ne connait encore le ressort exact qui a poussé ces jeunes à avoir le cran d'affronter les balles, durant ces journées d'insurrection.

Et comme la Roumanie, durant vingt ans, a refusé de se pencher sur les racines de cette révolution. Les véritables héros de ces journées de 1989 ont été enfouis par le temps qui passe et sont devenus les véritables perdants de ce soulèvement. En décembre 1989, 93 personnes ont été tuées par balles à Timisoara.

Le reportage, en photos et en son, sur le Monde.fr